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Protoxyde d’azote ou « gaz hilarant » : attention danger !

Publié le : 17/12/2019
Protoxyde d’azote ou « gaz hilarant » : attention danger !

La multiplication des cas de complications graves consécutives à la consommation détournée de protoxyde d’azote (gaz hilarant) constitue une problématique majeure de santé publique dans la région.

La recrudescence de cet usage, chez des collégiens, lycéens et étudiants avec des consommations répétées, voire quotidiennes, au long cours et en grandes quantités, contribue à expliquer la gravité des dommages signalés plus récemment. Plusieurs dizaines de cas graves ont été rapportés au cours des deux dernières années.

 

Cartouches de protoxyde d’azote : un usage détourné aux conséquences graves pour la santé


Le protoxyde d’azote N²O, communément appelé « gaz hilarant » ou « proto », est un gaz comburant (se combinant avec un combustible), incolore, d’odeur et de saveur légèrement sucrées. Il est utilisé dans le champ médical, mélangé à de l’oxygène pour son action anesthésiante/analgésiante, ou dans le domaine culinaire, pour les siphons à chantilly.

Une augmentation significative de l’usage détourné de ce gaz est constatée en France, comme dans la région. Il est surtout consommé par les collégiens, lycéens et étudiants. Ils recherchent l’effet rapide, fugace, euphorisant et les distorsions sensorielles ressenties avec ce produit.

Les signes de son utilisation sont parfois visibles dans l’espace public avec la présence de cartouches métalliques dans lesquels ce gaz est contenu.

Le protoxyde d’azote est une substance en vente libre bénéficiant d’une bonne image parmi les jeunes. Son usage récréatif est une pratique connue de longue date et réputée sans danger.

Cette image est trompeuse et a pu conduire certains jeunes à adopter des consommations intensives de ce gaz. C’est cette utilisation qui provoque les atteintes neurologiques actuellement observées.

La consommation du protoxyde d’azote peut entraîner des conséquences sévères sur la santé, à la fois immédiates et en cas d’utilisation régulière ou à forte dose, notamment parce qu’il engendre un déficit en vitamine B12 :

  • Risques immédiats : asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé de la cartouche, perte du réflexe de toux (risque de fausse route), désorientation, vertiges, risque de chute ;
  • Risques en cas d’utilisation régulière et/ou à forte dose : carence et/ou inactivation en vitamine B12 qui peut entraîner des atteintes de la moelle épinière et une anémie, des troubles psychiques.


Des dispositifs anonymes pour accompagner les consommateurs


Des dispositifs d’aide anonymes et gratuits sont à disposition des usagers, de leur entourage et du public en général.

  • Les Consultations jeunes consommateurs (CJC) proposent un service d’accueil, d’écoute, de conseil et d’orientation assuré par des professionnels des addictions, totalement gratuit et confidentiel. L’annuaire des CJC est disponible sur le site Drogues info service
  • Drogues info service propose par ailleurs une aide à distance, par tél ou par email

 

Conseils de réduction des risques

Toute consommation expose à des risques. Afin de réduire les risques liés à sa consommation, Drogues info service invite également les utilisateurs de protoxyde d’azote à respecter ces précautions d’usage :

  • Eviter de consommer debout, car la perte d’équilibre peut faire chuter.
  • Respirer de l’air entre les inhalations de gaz pour éviter l’asphyxie.
  • Ne jamais inhaler en sortie de détonateur, de cartouche ou de siphon car c’est un gaz très froid qui peut provoquer des brûlures.
  • Ne pas multiplier les prises malgré l’effet fugace du produit.
  • Ne pas prendre le volant juste après la prise.
  • Le protoxyde d’azote est inflammable, il faut garder les cartouches éloignées de toute flamme.